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Le 26ème Sommet de l’Union Africaine vient de clôturer ses travaux à Addis Abeba ce dernier week-end de janvier 2016. Avec un changement de présidence, le Président Zimbabwéen Robert Mugabe ayant cédé la place au Tchadien Idriss Déby Itno.

Il est à parier que ce sommet restera dans les annales comme l’un des sommets de l’UA les plus suivis par les Burundais, toutes tendances politiques confondues. Mais pour des raisons différentes. Pour ne pas dire opposées. En effet, alors que certains attendaient de nos Chefs d’Etat et de gouvernement la décision finale d’envoyer la MAPROBU, la fameuse « force de stabilisation », d’autres attendaient plutôt que cette idée soit reconsidérée car elle est contraire au principe sacrosaint de l’inviolabilité de la souveraineté nationale. Celui-là même qui, jusqu’à nos jours, en tous cas, constitue l’un des fondements des relations entre les Etats.

Un succès de la diplomatie burundaise

Tous les médias sont unanimes : les discussions sur le Burundi ont été longues et difficiles. Très difficiles même, selon certains. Après quoi, le verdict est tombé : contrairement à ce qui avait été annoncé par son Conseil de Paix et de Sécurité, l’Union Africaine n’enverra pas de force armée au Burundi sans le consentement du gouvernement burundais. « On ne peut pas déployer une armée sans le consentement d’un pays, sauf s’il y a une situation très grave de violation des droits de l’homme ou de risques de génocide », devait reconnaître Smaïl Chergui, commissaire de l’UA à la Paix et la Sécurité.

Cette décision des Chefs d’Etat et de gouvernement a été qualifiée de plusieurs manières. Pour certains, il s’agit d’un « rétropédalage » de l’Union, tandis que d’autres y voient carrément un « échec » qui affaiblit la « marge de manœuvre de l’organisation panafricaine sur les dossiers du continent » (Emeline Wuilbercq, Le Monde.fr).

Pour notre part, nous pensons qu’il s’agit surtout de la victoire de la diplomatie en général. Un succès de la diplomatie burundaise en particulier. Car, si les chefs d’Etat et gouvernement ont préféré attendre et discuter davantage avec les autorités burundaises, c’est qu’ils ont été sensibles aux explications et aux arguments présentés par le Burundi. Celui-ci s’est expliqué et s’est fait comprendre. D’où la solution intermédiaire d’envoyer d’abord à Bujumbura une « délégation de très haut niveau » en vue de discussions approfondies avec le gouvernement.

Reste à souhaiter que ces discussions aboutissent à un résultat satisfaisant pour tout le monde, c’est-à-dire conduisant au retour de la paix et au raffermissement de la concorde nationale. Ce sera la victoire du Burundi et des burundais. Tout simplement.

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